La législation de la vape en France 2024 : nouvelles règles et interdictions à connaître

By: jcvap.fr

La cigarette électronique, alternative au tabac traditionnel, est désormais encadrée par une législation stricte en France. Entre interdictions de vapoter dans certains lieux, restrictions sur les produits et sanctions pour les contrevenants, les vapoteurs doivent naviguer dans un dédale de règles qui évoluent régulièrement. Voici tout ce que vous devez absolument savoir pour rester dans la légalité en 2024.

Les produits de vapotage : normes et réglementations en vigueur

La législation française impose des normes strictes pour la commercialisation des produits de vapotage. Les e-liquides contenant de la nicotine ne peuvent excéder une concentration de 20 mg/ml, mesure visant à limiter les risques d’addiction et d’effets secondaires.

Les flacons d’e-liquide à la nicotine sont limités à 10 ml maximum, tandis que les réservoirs des cigarettes électroniques ne doivent pas dépasser 2 ml de capacité. Cette limitation permet de contrôler la consommation et de réduire les risques en cas de fuite accidentelle.

Certains additifs sont formellement prohibés dans la composition des e-liquides :

  • Le diacétyle
  • L’acétylpropionyl
  • La caféine
  • Les colorants cancérigènes

L’étiquetage des produits de vapotage doit obligatoirement comporter un avertissement sanitaire indiquant : « La nicotine contenue dans ce produit crée une forte dépendance ». Les ingrédients doivent être clairement listés, et une notice d’utilisation doit accompagner le produit.

Lieux interdits au vapotage : où ne pas sortir sa cigarette électronique

Depuis octobre 2017, la législation a considérablement restreint les espaces où il est permis de vapoter. L’article L3513-6 du Code de la santé publique interdit formellement l’usage de cigarettes électroniques dans plusieurs types d’établissements.

Les lieux strictement interdits au vapotage incluent :

  • Les établissements scolaires et universitaires
  • Les centres de formation des apprentis (CFA)
  • Les établissements destinés à l’accueil, la formation ou l’hébergement des mineurs
  • Les transports en commun fermés (bus, métro, train, avion)
  • Les lieux de travail fermés et couverts à usage collectif

Cette interdiction s’applique même aux e-cigarettes ne contenant pas de nicotine (0 mg/ml). Les contrevenants s’exposent à une amende de 35 euros, pouvant être majorée en cas de non-paiement.

En revanche, il reste possible de vapoter dans les bars, restaurants et cafés, sauf si le règlement intérieur de l’établissement l’interdit explicitement. Les propriétaires de ces lieux ont toute latitude pour étendre l’interdiction à l’ensemble de leurs locaux.

Les terrasses et lieux publics : ce que dit vraiment la loi

La question des terrasses suscite souvent la confusion. Une circulaire du 17 septembre 2008 définit une terrasse comme un espace soit totalement découvert (même s’il est partiellement clos), soit couvert mais ouvert sur son côté principal, et cloisonné du reste de l’établissement.

Sur ces espaces, vapoter reste généralement autorisé, sauf décision contraire du gérant de l’établissement. Le vapotage est également permis dans les espaces extérieurs comme les parcs, jardins publics et rues, sauf réglementation locale spécifique.

Les bureaux individuels ne sont pas considérés comme des lieux à usage collectif, ce qui rend théoriquement le vapotage possible. Néanmoins, l’employeur peut l’interdire par le biais du règlement intérieur.

Vente et publicité des produits de vapotage : restrictions majeures

La vente de cigarettes électroniques et d’e-liquides est strictement interdite aux mineurs de moins de 18 ans. Les commerçants doivent obligatoirement vérifier l’âge de l’acheteur, y compris lors des achats en ligne. Une infraction à cette règle expose le vendeur à une amende pouvant atteindre 750 euros.

Depuis 2023, la France a également interdit la commercialisation des cigarettes électroniques jetables, communément appelées « puffs ». Cette mesure vise à réduire l’impact environnemental et à limiter l’accès des jeunes à ces produits particulièrement attractifs. Les contrevenants s’exposent à une amende pouvant atteindre 100 000 euros.

La publicité pour les produits de vapotage est fortement encadrée. Elle est interdite :

  • Sur les médias grand public (télévision, radio)
  • Sur les affichages extérieurs
  • Dans le cadre de sponsoring d’événements

Elle reste autorisée uniquement dans les magasins spécialisés et sur les sites de vente en ligne, à condition qu’elle ne soit pas accessible aux mineurs.

Transport de cigarettes électroniques en avion : précautions indispensables

Si vous voyagez en avion avec votre matériel de vapotage, des règles spécifiques s’appliquent. Les batteries au lithium représentant un risque potentiel d’incendie, elles doivent obligatoirement être transportées en cabine, jamais en soute.

Les e-liquides sont soumis aux mêmes restrictions que les autres liquides : contenants de 100 ml maximum, placés dans un sachet plastique transparent d’un litre maximum.

L’usage de la cigarette électronique est strictement interdit à bord des avions, tout comme dans les zones non-fumeurs des aéroports. Les contrevenants s’exposent à des amendes substantielles et peuvent même être débarqués de l’appareil.

Réglementation européenne et particularités françaises

La réglementation française sur la cigarette électronique s’inscrit dans le cadre plus large de la Directive sur les Produits du Tabac (TPD) adoptée par l’Union Européenne en 2014 et transposée en droit français en 2016.

Cette directive impose aux fabricants et importateurs de soumettre un dossier complet à l’ANSES (Agence Nationale de Sécurité Sanitaire de l’Alimentation, de l’Environnement et du Travail) six mois avant la mise en vente d’un e-liquide nicotiné. Ce dossier doit contenir la composition détaillée, les données toxicologiques et le processus de fabrication.

La France a choisi d’adopter des mesures parfois plus restrictives que ses voisins européens, notamment concernant les lieux où il est interdit de vapoter et l’interdiction récente des cigarettes électroniques jetables.

Responsabilités des gérants d’établissements et employeurs

Les responsables d’établissements recevant du public et les employeurs ont des obligations légales concernant le vapotage dans leurs locaux. Ils doivent notamment afficher une signalisation apparente rappelant l’interdiction de vapoter dans les lieux concernés.

Le non-respect de cette obligation d’affichage expose le responsable à une amende pouvant atteindre 450 euros. De même, mettre en place un espace vapoteurs non conforme ou favoriser sciemment le non-respect de l’interdiction est passible d’une amende de 135 euros, pouvant être majorée jusqu’à 750 euros.

Les employeurs sont tenus d’assurer la santé et la sécurité de leurs salariés, ce qui inclut la protection contre le vapotage passif. Ils peuvent organiser des « pauses vapotage » en extérieur, mais doivent veiller à l’égalité de traitement entre salariés vapoteurs et non-vapoteurs.

Sanctions et contrôles : qui peut verbaliser les contrevenants

Plusieurs catégories d’agents sont habilitées à constater les infractions à la législation sur le vapotage :

  • Les officiers et agents de police judiciaire
  • Les inspecteurs et contrôleurs du travail
  • Les médecins inspecteurs de santé publique
  • Les agents de la DGCCRF
  • Les agents de police municipale

Les associations de lutte contre le tabagisme déclarées depuis au moins 5 ans peuvent également se porter partie civile dans les procédures judiciaires liées à ces infractions.

Les sanctions varient selon la nature de l’infraction, allant de 35 euros pour un vapoteur contrevenant à 100 000 euros pour un commerçant vendant des cigarettes électroniques jetables.

La législation sur la cigarette électronique continue d’évoluer, avec une tendance au renforcement des restrictions, notamment pour protéger les jeunes et les non-vapoteurs. Rester informé des dernières évolutions réglementaires est essentiel pour tous les utilisateurs de ces dispositifs.